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L'observation de l'Univers se fait traditionnellement grâce aux photons. Ces particules, neutres, ne sont pas déviées par les champs magnétiques intergalactiques et permettent ainsi d'étudier des sources ponctuelles précises. Mais plus leur énergie augmente (domaine gamma), plus leur pouvoir de pénétration diminue : seules les couches externes des objets sont visibles et ce sur des distances de moins en moins grandes. Le ciel lointain de haute énergie, celui des phénomènes cataclysmiques de l’enfance de l’Univers, se dérobe à l’astronome.
 
Mais un nouveau messager, le neutrino, pourrait bientôt lui arracher ses mystères. Neutre et léger, le neutrino possède les mêmes qualités que les photons. Son avantage réside dans son caractère pénétrant lié à sa faible section efficace d’interaction avec la matière. Ce qui lui confère à la fois la possibilité de s’extraire des zones les plus denses de l’Univers et de parcourir des distances cosmologiques sans souffrir la moindre altération. Le neutrino est donc très difficile à capturer.
 
Les estimations ont montréqu'il fallait construire un télescope d’environ 1 km3 pour en détecter quelques uns, et l’enfouir profondément dans la mer pour se protéger des gerbes de particules atmosphériques. Ceci a été confirmé par la détection en 2013 par l'expérience ICECUBE (http://www.icecube.wisc.edu) des premiers neutrino de très haute énergie d'origine astrophysique, donnant ainsi du même coup naissance à l'astronomie neutrino.  
 
La collaboration européenne Antares a choisi de placer à 2500 m au fond de la mer une version plus modeste, pour se convaincre de la faisabilité d’une telle expérience. Ce télescope comporte 12 lignes de détection harnachées de photomultiplicateurs destinés à repérer le sillon de lumière laissé par les neutrinos après leur interaction alentours. Le télescope est achevé depuis mi 2008, mais la prise de données a débuté dès l’immersion, en 2007, de la première ligne de détection. Le laboratoire APC participe à l’exploitation du télescope, l’acquisition des données, leur analyse et leur interprétation. Parallèlement, le groupe participe au développement du futur télescope d’un km3 dans la collaboration KM3NeT (http://www.km3net.org).